L'Alternateur sur TwitterL'Alternateur sur Facebook
Bar des cultures locales et alternatives Niort

Documentaires débat "High Power" et "Jaipour"

Documentaires débat "High Power" et "Jaipour"

mardi 4 novembre 2014

Mardi 4 novembre à 20h
Tarif Libre / Organisé par le collectif sortir du nucléaire 79

Film et débat avec le réalisateur Pradeep Indulkar


A propos du film “High Power”.

La centrale nucléaire de Tarapur est le premier et plus ancien projet nucléaire civil indien. Il date déjà de 50 ans et il a nécessité l’évacuation de quelques villages autour de la petite ville de Tarapur.
Un témoin, après 40 ans d’absence, vient revoir ces villages de Dandi, Pofaran, Ghivali, Unbhat et Tarapur. Il vient observer quelle est la situation de ces milliers de gens déplacés. Il se rend compte qu’ils ont perdu leurs activités traditionnelles sans pour autant trouver de nouveaux emplois. Ils ont perdu leurs terres, leurs maisons et leur océan sans obtenir de compensation adéquate. On leur avait promis divers services et infrastructures : routes, eau, électricité, centres de santé, écoles, etc. Ils n’ont rien eu de tout cela. A la place, ils ont eu droit à de nombreuses nouvelles maladies, dont certaines inconnues. Les attaques cardiaques et l’hyper­tension ont augmenté. Sont apparus les problèmes de rein, les fausses couches, les morts­nés ; et les complications à la naissance sont devenues plus fréquentes. Ainsi que l’infertilité chez les jeunes couples. Les enfants de moins de 5 ans souffrent de désordres mentaux. Leur quotient intellectuel est faible.
Quand ce témoin revient à la maison, il réalise à quel point les gens vivant dans les villes gaspillent l’électricité sans se rendre compte du tout qu’elle est produite en pillant les terres, les maison, le travail et la liberté de milliers et de milliers de personnes qui ne reçoivent en échange de tout cela que de graves maladies. Ce monsieur tout ­le ­monde (c’est ­à ­dire toi et moi) qui est le consommateur final de cette énergie reste tout à fait inconscient de la condition misérable des victimes de cette énergie. Notre témoin se rend maintenant compte qu’il ne fait que payer la facture pour l’énergie utilisée chez lui ; mais que le coût réel est payé par ces gens innocents dont personne ne connait l’existence. C’est à ce moment­ là que le carillon de son téléphone portable retentit et lui percute l’esprit, comme si on lui ouvrait soudainement les yeux.
Incidemment, ce carillon reprenait une chanson hindi très connue qui dit : “...Tes yeux superbes ont emporté mon coeur très très loin”.

A propos du film sur Jaitapur.

Jaitapur est une petite ville sur la côte ouest de l’Inde dans l’état de Maharashtra à peu près à 450 km au sud de Mumbai (Bombay) par la route. Près de cette petite ville se trouve un très beau village appelé Madban. A peu près 450 familles y résident dans un environnement paisible et harmonieux. Il se situe sur un plateau de quelques km carré où les paysans cultivent l’une des meilleures terres à graminées. Il s’y trouve 36 sortes de graminées dont certaines spécifiques à cet endroit. Les rivages maritimes sont aussi très riches. Et dans le village voisin de Nate, 10,000 pêcheurs vivent exclusivement de cette ressource.
Depuis 1985, le gouvernement indien qui possède le monopole du nucléaire par la compagnie Nuclear Power Corporation of India (NPCIL) a fait des recherches de lieu, dont ce plateau, pour y implanter une grande centrale nucléaire. En 2005, la NPCIL déclare vouloir bâtir sur ce plateau la plus grande centrale nucléaire au monde avec 6 réacteurs EPR de 1650 MW chacun. Ces réacteurs sont supposés être mis en place par la compagnie française AREVA. En apprenant cette décision, les paysans et pêcheurs ont été profondément choqués. Car en plus de produire l’une des meilleures mangues de l’Inde, une bonne quantité de poissons sont pêchés et vendus à l’exportation. Ces petits paysans et pêcheurs ont commencé à se rassembler et à s’activer contre un tel projet de centrale nucléaire, sachant très bien à l’avance que ce projet délirant ruinera leurs ressources, leur travail et leur style de vie tout en créant d’énormes problèmes environnementaux. Sans parler du fait que la menace d’un accident majeur comme Fukushima les terrorise. Depuis 2005, ce peuple de paysans et de pêcheurs se bat contre ce projet dément de façon déterminée, paisible et non ­violente, ceci même si un pêcheur a été tué à coup de feu par la police, un autre écrasé sous une voiture de police et un vieux paysan décédé en apprenant qu’il était sous mandat d’arrestation. Malgré tout cela, ils continuent de se battre de manière non­ violente.

Le réalisateur Pradeep Indulkar a obtenu le prix Uranium à Rio de Janeiro en Mai 2013 pour ce film et il sera présent à l’issue de la projection pour parler de son expérience.